Sur
100 femmes kanak, 60 n’ont aucun diplôme. Ça craint. Et surtout, qu'est-ce que cette info vient faire sur un blog de bonnes nouvelles? Tout simplement parce que cela ne les empêche pas d'occuper de plus en plus de place dans le monde économique à nous.
La Blonde a enquêté sur l'évolution sociale des femmes kanak. Et c'est assez réjouissant.
Si pendant fort fort longtemps, les femmes kanak tenaient un rôle d’épouse
et de mère, elles se positionnent aujourd’hui au cœur de la vie
économique, surtout dans le Nord et les Loyauté. Entre salariat et création d'entreprise, le monde du
travail leur appartient. Bémol : les disparités avec les autres communautés subsistent... C'est pas dans le monde des licornes non plus!
Des asso au boulot
Les mélanésiennes se sont d’abord beaucoup impliquées dans la vie associative. C'est le début de l'émancipation au féminin. Elles ont ensuite commencé à tenir des
établissements touristiques : accueil chez l’habitant, tables
d’hôtes, camping, snack… Certaines créent des micros
entreprises dans le domaine de l’artisanat, de la couture ou
encore des randonnées pédestres. Elles sont le plus souvent à l’origine des créations
d’entreprises mais la démarche reste systématiquement concertée avec
les hommes. Après, ne jugeons pas, l'avis d'un homme ça peut toujours servir. Maintenant, parlons salariat: là aussi elles sont de plus en
plus nombreuses à y trouver une place. « La
part des femmes qui ont un emploi a augmenté en 20 ans : sur 100
femmes, 51 ont un emploi en 2009, elles n’étaient que 40 en 1989.
Cette progression concerne toutes les communautés. »
souligne l'ISEE (Institut de la statistique et des études
économiques). Une évolution qu'il me faut tempérer pour être exhaustive : sur
100 femmes, 42 ont un emploi parmi les kanak et les océaniennes,
contre 64 parmi les européennes et les asiatiques. Cet écarts'explique en partie par le niveau d'études. « L’absence
de diplôme expose au chômage et les femmes kanak sont
particulièrement concernées. »
affirme l'ISEE. Sur plus de 4 000 femmes en situation de chômage en
2009, presque 3 000 était en effet d'origine mélanésienne. Outch.
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| J'ai choisi cette photo uniquement pour des raisons de droit à l'image |
Le nerf de la guerre
La femme kanak a aussi une vie en dehors de la tribu. A
l'instar de Lizy Cibwui, originaire d'Ouvéa, elles sont de plus en plus
nombreuses installées à Nouméa à avoir gagné leur indépendance. « Je
suis une femme active et indépendante depuis ma séparation avec le
père de mon enfant. J’ai du prendre les choses en main, trouver
vite un emploi et travailler comme une folle afin de pouvoir payer un
appartement pour mon fils et moi. »
confie-t-elle. La jeune femme de 32 ans a réussi son pari. Cette
expérience a fait d'elle une une femme forte. Elle assure
ne pas avoir connu de difficultés liées à ses origines pour
trouver un emploi. « J’ai
toujours su faire preuve de ma motivation en temps que femme kanak,
j'estime même que cela constitue un atout : je représente mon
origine dans mon lieu de travail envers les autres femmes. Cela donne
un bon exemple. ».
Au sein de sa famille, hommes et femmes travaillent sans distinction.
« Aujourd’hui les femmes se mettent au travail qu'elles soient en couple,
célibataires ou mères célibataire. Elles ont besoin de travailler
pour subvenir à leurs besoins quotidiens ou pour aider l’homme et
ainsi faire preuve d’autonomie et montrer de quoi elles sont
capables. Il s'agit surtout d'exister au sein d’une société, pas
uniquement au sein d'un foyer », assure Lizy.
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| La jolie Lizy |
C'est qui la patronne?
Les femmes d'origine mélanésienne sont également porteuses de projets et n'hésitent plus à se lancer dans le vide l'aventure
de l'entrepreneuriat. « Généralement
les femmes ont des projets un peu plus « petits » que ces
messieurs : 10 millions de francs CFP en moyenne contre 11.5 pour
les hommes » , commente Isabelle Laran, Directrice d'Initiative Nouvelle-Calédonie.
Parmi les nombreux projets féminins soutenus par l'association,
Valenka Tiaouniane a créé sa propre société de transport de
personnes à Koné. «
Après avoir été salariée et intérimaire, j'ai décidé de me
lancer à mon compte », résume-t-elle. « Il
n'y a plus de différence entre hommes et femmes dans le domaine.
Dans mon entourage, j'ai d'ailleurs plusieurs exemples de femmes
kanak qui se sont lancées ».
Elle encourage d'ailleurs les autres femmes à
suivre cet exemple : « Il
ne faut surtout pas avoir peur, il faut simplement essayer ! ».



Super interessant, merci j'ai toujours autant de plaisir à te lire
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